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Vidéo: Peter Olpe

 

Il est un domaine de la photographie parfaitement fascinant parce qu’à la fois retour aux sources et magie de l’image argentique, confondant de simplicité, c’est la photographie au sténopé. La formation de l’image du paysage extérieur au travers d’un petit trou – le sténopé - dans une chambre obscure est un phénomène connu bien avant notre ère; Aristote, philosophe grec du IVème siècle avant J.-C., le constatait sans toutefois l’expliquer. Dès le XIème siècle, astronomes et opticiens décrivent l’usage qu’ils font de la camera obscura.

 

C’est au XVème siècle que Léonard de Vinci explique le phénomène de manière rationnelle : «Lorsque les images des objets éclairés pénètrent par un petit trou dans un appartement très obscur, recevez ces images dans l’intérieur de l’appartement sur un papier blanc situé à quelque distance du trou: vous verrez sur le papier tous les objets avec leurs propres formes et couleurs. Ils seront diminués de grandeur; ils se présenteront dans une situation renversée, et cela en vertu de l’intersection des rayons. Si les images viennent d’un endroit éclairé par le soleil, elles vous paraîtront comme peintes sur le papier, qui doit être très mince et vu par derrière. Le trou sera pratiqué dans une plaque de fer aussi très mince.»

 

Peintres et dessinateurs ne tardent pas à s’approprier cette merveilleuse machine, que Nicéphore Niépce utilisera dès les années 1820 pour ses expériences qui aboutiront à la naissance de la photographie. La vision particulière, due à une image grand angle nette de bout en bout et au rendu très doux que produit le sténopé, et son utilisation fort simple, ont bien sûr donné rapidement envie aux photographes de se servir d’appareils où l’objectif est remplacé par ce fameux petit trou.

 

La photographie au sténopé continue de fasciner les photographes d’aujourd’hui, tant professionnels qu’amateurs. Notre institution, dont la vocation première est de présenter l’outil du photographe, mais aussi son utilisateur et les images que produit ce couple homme et machine, a ainsi souhaité montrer l’extraordinaire travail de Peter Olpe, grand faiseur d’images et de boîtes à lumière, travail qui nous paraît unique et exemplaire à plusieurs titres.

 

Peter Olpe est un homme d’images aux multiples facettes : sa formation de designer et de graphiste le mène à l’enseignement, mais aussi à la recherche et à la création : très tôt fasciné par toutes les formes de jouets optiques, il allie créativité et rigueur pour régulièrement publier le fruit de ses travaux pour le plus grand bonheur des passionnés de cette forme d’images. Il manie également le crayon et la plume avec un talent non moins certain... C’est dire que lorsque Peter Olpe dont nous connaissions le travail par quelques unes de ses publications nous invita à venir découvrir de plus près ce qui l’occupe, nous accourûmes pour découvrir avec émerveillement un ensemble d’une parfaite cohérence : une collection d’appareils à sténopé des plus divers, les images qu’ils ont prises et toute la documentation d’étude et croquis les accompagnant. Le projet d’une exposition accompagnée d’une publication au moment du don de cet ensemble par son auteur à notre institution prit aussitôt corps.

 

Le travail de Peter Olpe ne touche pas seulement aux images que produisent ses boîtes à lumière. Il apporte un soin extrême à la confection de ses boîtes, véritables modèles réduits d’architecture débridée ornés d’éléments décoratifs et de rehauts de couleurs, mais aussi techniquement très au point, parfois équipées de plusieurs sténopés permettant des effets particuliers, ou de dispositifs pour capter la lumière selon une direction précise.

 

Les images que produisent chacune de ces boîtes sont, aurait-on envie d’écrire, le fruit d’un hasard très étudié : paysages, natures mortes à l’échelle indéfinie, effets de lumière, superpositions de tout cela et de formes et taches plus abstraites touchent à la perfection...

 

PANAM, 1991

Dans le style architectural des aéroports des années 1950. Format: 56 × 180mm F = 48mm = 0,3mm F-stop = 1:160

Aeschlimann, 1990

Le titre fait allusion au coiffeur qui me coupait les cheveux dans les années 1950. Format: 56 × 56mm F = 44mm = 0,25mm F-stop = 1:180
Grande Place
1800 Vevey/Suisse
Heures d’ouverture:
du mardi au dimanche
de 11h à 17h30

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